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Zeno – s/t (1986)

Hard rock, metal… les musiques du diable. Pourquoi pas ? Violence et surenchère musicales s’accommodent mal de subtilité. Si l’on joue fort, vite, dur, difficile d’évoquer les charmes conjugués d’un coin de nature et d’un ruisseau clapotant. Aux États-unis, terre d’extrême, les accointances de l’internationale chevelue avec Belzébuth a ému plus d’un cul-bénit. La contre-attaque n’a pas tardé. Face à l’émergence des hordes sataniques, le white metal a ramené sa fraise. Et les Stryper ont sévi dans les années 80. Il n’étaient pas seuls, mais l’Histoire ne retiendra que leur nom. Nos bons amis s’appliquaient à jeter des bibles au public pendant que WASP balançait de la barbaque, chantant Jésus quand d’autres tiraient le diable par la queue. Pourtant, si l’on entendait clairement le cornu dans les riffs obscurs de Tony Iommi, fallait se lever tôt pour discerner la moindre inspiration divine chez Stryper ou ses acolytes.

Satan plus l’habite
Le white metal était une pantalonnade, un hard rock quelconque mâtiné de paroles mièvres, pseudo-religieuses. D’autres groupes ont marché dans les traces de Stryper, (les néo P.O.D « récemment ») sans pour autant être touché par la grâce du Très Haut.
Zeno aurait pu prétendre au titre de seul représentant crédible du white metal. S’il n’a jamais revendiqué son appartenance au mouvement, son goût pour le spirituel et son attachement aux thèmes universels de l’amour, la compréhension, la tolérance, l’y affilient, de fait.
Et puis, on aura beau ricaner avec notre cynisme coutumier, Zeno Roth a la grâce. Il pratique un hard FM léger et subtil, loin des bonjoviades US, aux mélodies originales, parfois teintées d’un léger orientalisme. Surprenant. Une musique tout en finesse aux arrangements précis et inventifs, évitant la plupart des clichés du genre (pas de wowowo, pas de ballade pleurant une « babe » adultère, etc.).

Family Roth
Le jeu de Roth, lyrique, ciselé, fluide, évoque celui de son frère aîné, Uli Jon : la mélodie prédomine la performance, la sensibilité la démonstration. Typique, le son de sa Strato est élégamment creusé dans les médiums, brillant et cristallin dans les sons clairs, pour devenir d’une grande douceur en saturé. Zeno cherche l’élévation. Le beau. Il refuse la médiocrité, le poids de la haine et du mépris, du cynisme et de la violence.

Flexig sécurité
Pour ce premier album, le guitariste avait dégotté une perle rare au chant : Michael Flexig, croisement improbable et réussi de Klaus Meine (Scorpions) et Jon Anderson (Yes). Le chanteur passe d’un léger éraillement à des aigus très purs, célestes et lumineux. Il est pour beaucoup dans la réussite de ce premier chapitre. Son absence sur certains disques du groupe se fera cruellement sentir.

I believe
Cet album baigne dans une énergie positive, une grâce miraculeuse dont la beauté ne peut que toucher. Une beauté parfois naïve et universelle de soleil couchant, de montagne mauve, de sourire, de mains serrées, de premier baiser. Un instant rare, qui, le temps d’un battement de cœur, nous fait douter. Et s’il fallait y croire ?

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2 Commentaires

  1. Mr Majestyk 26/06/2017 à 00:15 - Répondre

    Chouette Chro, je ne l’avais même pas lu, alors que j’ai découvert le groupe grâce à l’émission. -__-
    Sachez Mr REM qu’en tapant « zeno chronique » sur Glooge, Metal blabla arrive en sixième position. Pas si mal non?
    Bref. Tout ça pour dire que pour ma part, si je plonge sans espoir de retour depuis quelques temps dans les profondeurs enchantées du Hard-rock mélodique c’est bien pour croire plus fort. Avec plus ou moins de glaçage au gros sucre.
    Avec Zeno, il y a du sucre en moins, on attaque direct la génoise divine. Zeno c’est Bo.
    Don’t stop believing.

    • metal bla•bla 26/06/2017 à 06:41 - Répondre

      Super thx !