Twisted Sister • You can’t stop rock’n’roll

Look atroce, pochettes nulles, niveau technique frisant le néant, nom à coucher dehors, Twisted Sister avait tout pour plaire. Les New-Yorkais s’inscrivait dans une certaine tradition glamouze 70ies, initiée par les New-York Dolls d’un côté et leurs enfants terribles Kiss (on ne mesurera jamais l’impact que Kiss a pu avoir aux USA sur tous les musiciens de hard jusqu’à maintenant) : un mélange de rock « à la AC/DC » et de pop. Grattes énormes, riffs préhistoriques, batterie de primate, voix éraillée et gros refrains accrocheurs, tels sont les ingrédients de la Frangine Dingo.
You can’t stop rock’n’roll, deuxième méfait de la courte carrière du groupe est mon préféré. Pourquoi ce disque ? Pourquoi écouter Twisted Sister ? Pourquoi « c’est bien » ?
Et bien pour toutes les raisons invoquées dans ma phrase d’intro et parce qu’il n’y a pas de remplissage sur cet album : all killers, no fillers… Twisted sait trousser des putain de bonnes chansons et toutes les transformer en hymnes. Incroyable. Le « tapis musical » se limité à sa plus simple expression : riffs réduits au minimum, basse linéaire, itou pour la batterie, et les solos ne « sauveront » pas l’ensemble. Mais ce dépouillement ascétique (à côté, AC/DC c’est du symphonique) met en avant la voix de Dee « fuckin » Snider. Une grande gueule US, rugissement éraillé typique et un grain unique. Ce mec savait écrire des chansons que vous aviez l’impression de connaître depuis toujours dès la première écoute. Un tour de force impressionnant. Les refrains sont des slogans taillés pour les « arenas » (le plus souvent stupides ou primaires) que l’on se régale de brailler avec le disque.
Côté rythme, Twisted Sister écrase parfois des mid-tempos quasi heavy mais sait également accélérer pour varier les plaisirs.
Tout ça devient vite jubilatoire et l’on se demande comment va faire le groupe sur chacune des chansons pour nous faire décoller en en faisant toujours moins. Et il y parvient. Au final on se retrouve avec un classique du hard rock US, une sorte de pépite intemporelle, dépouillée de tout artifice, dévoilant en dix titres taillés au burin dans le rock le plus juvénile, le plus insouciant et le plus pur aussi.

You can’t stop rock’n’roll est sorti en 1983.
Lui a succédé Stay hungry (récemment ré-enregistré par le groupe sous le titre Still hungry) qui lui aussi est de très bonne tenue (même si je le mets un cran en dessous de celui-ci). Come out and play est un peu plus « travaillé », plus varié, un peu plus faible aussi. Quant à Love is for suckers, je l’aime beaucoup : les compos sont vraiment nickels et le groupe dispose d’un son plus moderne et plus percutant. Je ne fais aucun commentaire sur Under the blade, premier disque, que j’ai écouté il y a fort longtemps et que je ne possède plus.

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