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Threshold • Dead reckoning

Dès le départ, c’est une course à handicap pour Threshold :
1- Des Anglais. L’Angleterre n’ayant rien produit de vraiment bon depuis Paradise Lost (qui lui-même venait après dix ans de disette), on ne regarde plus les brittons qu’avec un peu de compassion et beaucoup d’ennuis. J’en entends au fond qui braille « Et Cradle of Filth c’est de la daube ? ». La réponse étant dans la question je ne perdrai pas plus de temps avec eux.
2- Les gars jouent du metal-prog. Dans le genre boursouflé, auto-suffisant et méga-chiant, je vois pas mieux. J’en entends au fond qui braille « Et Dream Theater c’est de la merde peut-être ? ». La réponse étant, bla-bla-bla.

Avec Dead reckoning, Threshold est parvenu à rendre digeste un disque de metal-prog. Une performance. Quelle est la recette miracle pour que « ça passe » ? Tout simplement une question de proportion. Avant d’être un disque de metal-prog, Dead reckoning est surtout un disque de metal. Et du coup tout s’éclaire : des riffs au kilo (et du velu, genre power metal US), des mélodies au mètre (les lignes de chant, toujours fortes, toujours accrocheuses sans jamais faire de la retape pop, hors propos dans ce cadre) et un putain de chanteur.
Soit tout ce qui manque à quasiment tous les groupes évoluant dans la sphère hard rock depuis en gros 10 ans.

Le disque s’ouvre sur deux titres intenses et « dans ta gueule » : « Slipstream » et « This is your life ». Pour l’anecdote, les deux mots en voix death sur « Slipstream » sont hurlés par Dan « j’vous-ai-pas-dit-que-j’avais-un-nouveau-groupe ? » Swano. Les autres compos sont plus alambiquées avec des changements de rythmes assez nombreux et les incontournables solos de clavier. J’en profite pour poser la question : « Quoi de plus inutile qu’un solo de batterie si ce n’est un solo de clavier ? ». J’en entends au fond qui braille « Et Chopin mon con, c’est inutile ? ». La réponse étant évidente (on parle rock mon pote) je l’ai quand même donnée. Reprenons… Les solos de claviers donc… C’est évidemment là que le bât blesse, le talon d’Achille du disque. Faudrait discuter avec le sûrement très gentil Richard West et lui proposer de fermer sa gueule sous peine de lui déglinguer les phalanges au démonte pneu. Parce qu’entre les sons pourraves sortis d’un jeu Texas Instrument de l’An XII et ses parties aussi ennuyeuses qu’un album d’Air on charge pas mal. Heureusement, ce n’est pas trop long. Et le bonhomme se rattrape avec des sonorités et des plans très bien intégrés au reste des morceaux. Ça ira pour cette fois Richie.

Tout est évidemment chiadé : transitions au laser, harmonies vocales, nappes, solos… C’est du super boulot sans jamais que la chanson pâtisse de cette recherche du « si on mettait un autre plan après ». Le résultat est un disque de metal relativement couillu, bien chanté, mélodique et dont toutes les compos sont réussies. Le genre qu’on remet souvent sur la platine. Coup de cœur du premier trimestre.

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