Gotthard – Domino effect (2007)

L’Europe traverse un revival metal depuis bientôt dix ans.Des centaines de nouvelles formations ont éclos : p’tits jeunots qui n’en veulent, bien appliqués à rebalancer ce que les vieillards dans mon genre écoutaient quinze ans auparavant. C’est leur droit. Chacun son tour. Après tout, pour eux, c’est neuf. Et c’est pas comme si Helloween sortait encore de bons disques. La même chose se produit aux USA avec tout une vague de crépus péroxydés et de dépenaillés glamouzes.

La deuxième étape d’un revival, c’est la reformation des « originaux ». Mötley Crüe par exemple. Ou Ratt. Sans déconner. J’en viens à la question principale du jour : pourquoi écouter ces vieilles badernes, rincées par des années de coke, dépassées par les événements, courant derrière leur gloire et leur inspiration perdues, publiant albums pathétiques et déclarations honteuses ? Je vous rassure : on n’est pas obligé. D’autant qu’à côté de chez nous, des groupes œuvrent dans l’ombre et perpétuent un style mort depuis longtemps, avec la fraîcheur de nouveaux-nés. Avec un savoir-faire et une classe telles qu’on en oublierait presque les originaux. Des gardiens du temple et de la flamme en sorte. Des passionnés, des artisans.

Gotthard appartient à cette catégorie de groupes qui, depuis des années, fignolent des disques aux petits oignons, avec un sens de la composition et du riff qui devraient faire des envieux chez les has been. Ancré dans un registre hard rock US typique, le groupe a navigué au fil du temps (et du succès) d’un rock ascétique et rugueux fleurant les banlieues de Sidney ou de Boston, vers une musique plus sophistiquée (un p’tit air de New-Jersey, voire de Canada…). Depuis Lipservice (le prédécesseur), Gotthard est revenu à des considérations plus hard, tout en gardant un goût immodéré pour la mélodie. Un mélange irrésistible de refrains accrocheurs et de riffs quasi-heavy. Une démarche qui rappelle le Tesla de Into the now.

Domino effect flirte avec les deux genres, hard et heavy, toujours sur le fil, mais reste d’une grande homogénéité : pas de fillers et les ballades n’encombrent pas trop, comme cela a pu être le cas par le passé (sur Homerun ou Human Zoo notamment). Enfin, le groupe réjouit son monde avec son souci du détail (nombreux gimmicks de guitares ou de claviers discrets).

Gotthard, comme Axxis dans un autre registre, est un digne hériter du « golden age » du hard rock : grand chanteur, répertoire en béton… Alors, pas la peine de guetter Chinese democracy, plus la peine d’espérer un album potable de la part d’Aerosmith, inutile de rêver à un disque de Bon Jovi rentre dedans. Gotthard l’a déjà sorti.

 

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