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Kreator • Phantom antichrist (2012)

Qui pouvait me tirer de la torpeur estivale ? Gojira ? Teenage Bottlerocket ? Bien entendu, mais pas assez non plus pour lancer Open Office (fucking, cela va de soit). Parce que j’avais déjà tout dit ou presque sur les TBR ou Gojira (qui s’améliore d’album en album tout en restant égal à lui-même). J’étais tenté de me fendre d’un long papier sur les Bouncing Souls mais j’ai eu la flemme.
Et puis l’ami Canard, encore lui, m’a susurré « écoute le nouveau Kreator« . Il l’a même répété en ajoutant « ce  serait con que tu passes à côté de l’album de l’année« . Et c’est là qu’on mesurera tout le crédit que j’accorde à ce jeune homme dont on appréciera les écrits sur Nîmes. Non, passque, faut pas croire que j’écoute le premier conseil venu. Tête de nœud un jour, tête de nœud toujours. Pour qu’un conseil d’écoute passe les mailles du filet de mon envie, de mes a priori et de la statistique (98% de ce qui sort c’est de la merde), faut qu’il s’accroche. Faut qu’il tortille du fion, montre patte blanche et surtout, qu’il soit recommandé. D’où l’incroyable confiance que j’offre, y a pas d’autre mot, au palmipède (palmi d’accord, mais pède, pourquoi ?).

Kreator, non merci
Parce que Kreator, heu, non merci, j’ai déjà goûté et garde un souvenir hilare du thrash hurlé et vain d’Extreme agression (j’avais heureusement un bon album sur la face B). D’ordinaire j’aime à m’encanailler en Germanie, terre du refrain grossier et populaire, du riff acéré et de la überprodukzion. Mais j’apprécie peu le cousin germain du thrash (Destruction, Kreator, Sodom…). Y a des Sodom qui passent bien diraient certains… je ne peux pas dire, je ne fréquente pas ce genre de soirées.
Une fois ce postulat posé, j’admire la longévité et la résistance du duo Mille Petrozza / Ventor, piliers historiques du groupe, qui ont survécu contre vents et marées au grunge, à la fusion, au néo-metal, au revival speed mélodique, au  symphonique (ta mère), au sludge, au metal core, à la déchéance de Metallica, à la mort de Dio et à la reformation de Ratt. Au même titre que le bar est fermé sauf s’il s’agit d’un poisson, tout travail mérite salaire, que ce soit dit, et bien dit. Malgré cela, aucun Kreator n’est parvenu à se glisser sur mes étagères, même subrepticement (en tapinant). Seul Mille borne un album d’Edguy en invité sur un bonus track.

Surprise, you’re dead !
Pourtant j’ai fini par poser Phantom antichrist (ce titre !) entre le deuxième King Kobra et un Krokus que j’adore (Heart attack, 1988). En digipack et en édition limitée. Et vu le peu de machins qui m’intéressent cette année, la probabilité que cet album récolte le titre de meilleur album metal 2012 grandit  de mois en mois en moi (actuellement, seul le prochain album chroniqué ici même le supplantera de peu).
Racontez-nous comment le miracle a eu lieu.
— Comme souvent en terre inoxydable, le miracle est avant tout mélodique. Grande oubliée du groupe depuis 30 ans, la mélodie a surgi sur Phantom antichrist : germanique (sa race), fière et évidente. Si si. Même ce bon Mille produit des notes (une performance après toutes ces années de cris). Et le dosage est parfait. Y a pas d’autres mots. Kreator reste l’usine à riffs que l’on sait, déboule toujours autant, no remorse, no regrets. Basta. Mais. Mais l’équipe incorpore des solos éclatants, des refrains fédérateurs, des parties de guitares inspirées du répertoire de la guitare classique…
— Comme In Flames première époque ?
— Exactement. Et le contraste fonctionne à plein. La furie s’enchaîne au délicat, la colère hurlée suit le thème resplendissant, les chœurs soutiennent les slogans… On assiste au grand spectacle cinémascope de la fusion rougeoyante du thrash et du heavy metal. Phénomène réjouissant d’une lave dégoulinant sur les flancs de la montagne à la vitesse d’une charge de cavalerie, déboisant, ravageant, sabrant tout sur son passage.
Le disque fera fuir les progueux à la petite semaine, les fans de true metal, les amateurs de néo-core. Les pauvres hères battront la campagne, hagards, apeurés devant la furie d’un metal intransigeant et radical, traditionnel et immortel. À cet instant précis on se réjouira de la fuite de tous ces fakes / falses / fans en carton. Parce que le metal n’est pas Dream Theater pas plus que Papa Roach ou Nightwish. Le metal est colère et rage, mélodie et riffs, énergie et vitriol. Kreator balance son antéchrist comme des milliers d’éclats de verre au visage d’une scène moribonde, gangrénée par les polos Lacoste et les intellos esthètes.

Fuck you.
Ce genre de disque exclura de fait tous ceux qui n’ont rien à foutre là, comme l’ont déjà fait le deuxième Enforcer ou l’avant dernier Accept. Dehors les mecs. Vous n’êtes pas chez vous. Merde à l’ouverture d’esprit, à la grande famille des brozeurs de mon cul. Dégagez. Vous qui n’avez jamais pleuré sur Manowar ou Judas Priest, secoué votre tête sur Saxon, vous qui chiez sur Accept et pensez que Metallica fait encore de bons disques, caltez. Tirez-vous en courant parce que mon gun est chargé et qu’une balle porte déjà votre nom. Déguerpissez. Terrez vous derrière vos disques mous et vos mp3, fouissez la terre jusqu’à tomber sur les cadavres roidis de vos idoles mort-nées, et surtout, surtout, ne dites plus jamais publiquement que vous aimez le metal ou le hard rock. Vous ne méritez pas Mille Petrozza, Wolf Hoffmann ou Malcom Young. Vous ne méritez pas l’éternité que l’on vous propose. Vous ne méritez pas cette musique parce que vous ne la comprenez pas. Vous ne comprenez rien d’ailleurs.

Et vous pouvez bien crever. 

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