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Le Canard et le prog

Extrait des Chroniques d’un Pas Grand Chose (le recueil est disponible ici).

Ce que j’aime pas chez Dream Theater, c’est d’abord cette espèce de préciosité. Ce groupe est à l’image de Myung, un premier de la classe avec des cheveux longs qui joue de la gratte en talons aiguilles. Le côté « Metal » chez ce groupe n’est qu’un habillage. Le groupe se cache derrière une complexité pour tout planquer. Dream Theater a fait de ce côté alambiqué une fin en soi, avant de trouver des riffs, des airs, des mélodies, des lignes de chant. On est sur un schéma inverse au Rock. D’autant que le groupe étend systématiquement son truc, il tire sur la ficelle même quand y a rien à dire. Après l’écoute d’un album, il ne reste « rien » : aucune mélodie forte, aucun riff qui tue. C’est lisse, toujours trop long, donc trop chiant. Tant dans l’approche que dans l’esprit, Dream Theater est bien plus proche du Jazz que du Metal. Et à ce tarif-là, moi je dis : autant écouter du bon jazz que du mauvais Metal.

Moi, je recherche du Metal fort, puissant, énergique, fantasque, épique… tout ce que tu veux. Tout sauf prise de tête. Et c’est précisément le fonds de commerce de Dream Theater, faire compliqué, se perdre dans ses structures en prenant un air inspiré. Qu’ils aillent se vendre chez les Inrocks ou ailleurs, je m’en branle, mais qu’ils nous lâchent. C’est pas parce qu’ils ont collé le terme « Metal » dans l’appellation Prog que c’en est. J’ai pas de problème avec le fait que Dream Theater ne fasse pas vraiment du Metal, je m’en contrefous même, mais qu’ils s’en réclament, ça, ça me pose un grave problème. Rien que pour ça, je leur pisse dessus. Pour cette raison aussi qu’un bon vieux « C’est de la merde » est finalement le plus simple et plus fidèle des raccourcis pour décrire ce que je pense fondamentalement de ce groupe. »

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