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Faster Pussycat • s/t

Ce disque est sorti en même temps que Appetite for Destruction, album bien connu d’un insignifiant groupuscule de bal américain (vous pouvez bien sortir les flingues, les balles sont à blanc et les roses pourries depuis longtemps).
En 2006, soit presque vingt ans après le crime, cette première éructation des Véloces P’tites Chattes (c’est fou quand on traduit hein ?) tourne encore dans ma platine. À part le détestable « The bottle in front of me », « Walk this way » du pauvre, aussi funky que la disco complète de Cannibal Corpse, tout le reste n’est que pur rock’n’roll. Un peu hard et très glamouze je vous le concède, mais rock’n’roll avant tout. Là où les Guns jouaient presque lourd, Faster P en reste aux fondamentaux : Chuck Berry, New-York Dolls et Aerosmith. La messe est dite dès la première note. Voix de greffier en cours de castration, éraillée / hurlée à la perfection, sans le côté « diva » de la rouquine d’en face. Juste de la gouaille, des guitares crunchy à mort, crachées par des lampes chauffées au rouge, un piano bastringue ici, quelques chœurs voyous là, des solos tessons de bouteille, qui déchirent plus qu’ils ne coupent. Seul le son nous ramène en 1987, notamment pour la batterie, trop propre, trop lisse, là où l’on aurait aimé plus de crasse et de sueur. La route est donc balisée et si le génie n’est pas au rendez-vous, on passe un bon moment.

Poupoupoupoupoussycaaaaaaat
Sauf qu’il y a « Babylon ».
Cette petite ordure de chanson vous attend au tournant de la première face (ou au milieu du cidi), lame de cran d’arrêt à nu, et vous dépouille, vous laissant juste assez de force pour appuyer sur « repeat ». Parce que c’est bon quand ça fait mal. Voix samplée, hurlée, postillonnée, braillée, hystérique. Et ce riff, qui tourne, obsessionnel, parfait, mécanique graissée, répété, tronçonné à l’infini avec l’obstination métronomique d’un guitariste maniaque. Taime Downe, au bord de la rupture, nous chante un L.A. rock, dopé, tarentinesquement crétin, péroxydé et fardé. Chaque mot, chaque phrase claque, est jouée, interprétée. Le solo dégringole comme un poivrot dans un escalier trop raide. Et on gueule à l’unisson avec les chats de gouttière « Non on la fermera pas, on « babylonera » encore et encore ».
Vous ne pouvez pas louper ça !

Des types fringués en fille
Passée cette merveille, le disque reprend sa route et aligne les chansons sans jamais faiblir, parce que le rock n’est pas une question de millions de disques vendus mais bien de cette foi crétine et absurde, qui pousse des types à se fringuer en fille sur fond de batterie préhistorique et de guitares crécelles. Mötley Crüe était vide, Poison acidulé, Guns surestimé mais on se souvient d’eux. On a oublié Faster P. Le groupe a donc tout raté. Sauf son premier album.

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