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Scorpions – Blackout (1982)

En cette année 1985 j’ai découvert mon premier groupe de hard avec ce disque (et Love at first sting). Pour l’anecdote je pensais que c’était une femme qui chantait dans ce groupe, peu habitué aux voix de ce type. Je me souviens encore du regard que m’a lancé le pote à qui j’ai posé la question : « C’est une gonzesse qui chante non ? » (on dit tous notre lot de conneries pas vrai ?).

Blackout avait déchiré la planète trois ans plus tôt. Et quand je dis « déchiré », il faut bien imaginer les USA à genoux devant leurs nouvelles idoles, groupies extatiques et teenagers rendus fous par le riff à un accord de « Blackout », les tympans vrillés par les solos de Mathias Jabs qui trouvait enfin sa place dans le groupe. Toutes guitares hurlantes les Scorpions distillaient un venin brûlant, corrosif, chacun de leurs titres remettant les pendules à l’heure, rasant tout au passage.
Meine chantait comme si sa vie en dépendait, tentant de se faire une place dans le mur d’électricité érigé par sa paire de gratteux (parce que pendant que monsieur beuglait, le gars Shenker, maniaque moustachu, tronçonnait du riff à la chaîne à grands coups de Flying V). Le groupe est une mécanique bien huilée, un engin de mort d’une incroyable précision. Le travail de la paire Jabs / Shenker s’avérant redoutable, Jabs étant en « solo permanent ». Là où d’autres jouent la complémentarité et l’interdépendance (les chirurgiens Tipton / Downing ou Murray / Smith), le soliste travaille ses interventions au dessus de celles de Shenker, tissant un maillage métallique pendant tout le morceau, donnant un relief incroyable aux rythmiques charpentées de Rudolf. Et il connaît tous les trucs (comme Wolf Hoffman) pour rendre son Explorer vivante et les chansons passionnantes, alternant mélodies et plans qui dynamitent l’ensemble.

Blackout est une collection de classiques très variée. Du hard 70ies (« China white » plombé comme un Zeppelin), du hard US accrocheur (« You give me all I need », « No one like you », « Arizona »), une ballade encore écoutable en 2005 (« When the smoke is going down »), du hard / heavy metal nerveux (« Blackout », « Now ! » voire speedé avec « Dynamite » qui a longtemps clôturé les concerts du groupe).

On oublie trop souvent l’importance de Scorpions qui a imposé l’Europe continentale comme concurrent sérieux aux groupes anglo-saxons. Et si la scène Allemande se porte on ne peut mieux depuis la période Helloween, c’est bien grâce aux défrichage de Scorpions, qui en trente ans est devenu un groupe majeur et mondial.
Oubliez les errements d’une discographie trop encombrée de best-of et écoutez Blackout, disque référentiel, qui a sa place de choix dans un classement des Top 30 hard rock.

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