Le heavy metal

Le heavy metal a conservé certaines bases du hard rock pour durcir encore plus le ton avec un taux de saturation toujours plus élevé (on parle d’overdrive). Les tempos s’alourdissent avec des batteries plus profondes). Les voix conservent l’emphase et les aigus du hard rock.

Mais c’est la disparition de toute influence blues explicite qui caractérise principalement le heavy metal, classant définitivement le style dans les « musiques blanches » (au même titre que la musique classique ou les musiques folkloriques « européennes », la country, etc.). Petite digression : les musiciens du genre puiseront souvent leurs influences chez les grands compositeurs classiques (les plus abordables Bach et Paganini, le plus souvent).

Globalement, le heavy metal est une musique plutôt simple et assez basique (tout un tas de groupes se sont chargés de compliquer l’affaire au fil des années bien entendu). Mais historiquement, les titres metal sont basés sur un ou deux riffs, guère plus, qui en constituent l’ossature.

Outre les sonorités massives de guitare et son orientation « riff », le metal trouve son identité dans une attitude et une thématique particulières.

L’attitude

On est ici dans la surenchère. Toujours plus fort, plus aigu, plus rapide (pour les solos de guitare notamment, mais cette démarche affectera le tempo général des chansons et enfantera le speed metal)… Le heavy metal, encore plus que le hard rock, affirme sa différence, sa rupture avec la production musicale « grand public ». En érigeant des barrières (barbelées) d’agressivité, il impose à l’auditeur un temps d’adaptation et une nécessaire initiation. Souvent l’amateur de rock ira jusqu’à écouter du hard rock (AC/DC ou Led Zep) mais ne franchira pas le pas avec le metal qui est « trop ». Cet effort pour le dompter est le liant qui crée une connivence et une sorte de « fraternité » chez les fans (internet et ses nombreux forums permettent tout de même de nuancer cette idée, en permettant à des connards fans de heavy metal de montrer qu’ils sont aussi nombreux au mètre carré que dans tout autre type de population).

Le look

Puisque le metal est la musique de l’extrême, il lui faut une « façade » en adéquation avec sa philosophie. Les coupes de cheveux s’allongent, les vêtements se rapprochent du corps. Visuellement, le musicien devient une sorte de super héros, un surhomme qui puise son énergie dans la violence et la force de sa propre musique, mais également dans la fraternité censée unir tous les fans. Chaque membre du groupe joue alors un rôle. Il devient une icône, un archétype (le soliste fou, le chanteur surexcité, le batteur bûcheron, etc.). La projection des fans est évidente…

Les fans suivent généralement le mouvement, surtout dans les années 80 où tout fan de metal se repérait à dix bornes. C’est moins facile de nos jours (nous y reviendrons quand nous aborderons le chapitre « neo » et NWOAHM).

Les thématiques

Le sexe, la drogue, l’alcool, restent des préoccupations courantes dans les textes des chansons, mais souvent les paroliers de heavy metal s’en éloignent pour aborder deux autres types de sujet qui illustrent bien la grandiloquence musicale proposée :
– les thèmes fantastiques (fantasy, space opera, horreur, SF diverse)
– les thèmes historiques, souvent guerriers (grands personnages, événements, batailles…).
La politique ou toute considération sociale n’a pas droit de cité. On retrouvera ce type de préoccupation dans des styles plus proches de la rue (le thrash metal notamment de par son affiliation au punk).

Trois groupes ont posé les bases du heavy metal.
Le plus emblématique est Black Sabbath. Il a creusé les fondations, créé une mythologie et écrit les « tablettes de la loi » heavy metal. Titres ultra simples, riffs à tous les étages, lourdeur pachydermique de certains titres, voix hallucinée d’Ozzy Osbourne, thématique fantastique dans l’ensemble et référence occulte et mystique. En outre, Black Sabbath était réputé (à l’époque) pour être le groupe le plus nul de son temps par la grande majorité des amateurs de musique électrique. Cette attitude hautaine et méprisante de la caste des « rockers au bon goût » perdurera au-delà des décennies et l’on peut encore lire leur prose dans des journaux aussi prestigieux qu’insipides (Rock & folk notamment).

Le deuxième est également anglais : Judas Priest, outre son style musical tonitruant, il a également imposé le look cuir / clou (probablement une influence de l’imagerie gay comme on peut l’imaginer depuis le coming-out de Rob Halford, son chanteur). Il a également amené l’utilisation des « twin guitars » à un niveau rarement atteint dans le domaine du rock (le premier qui me parle des Eagles est prié de prendre la porte).

Le troisième est américain. Blue Öyster Cult inquiète l’Amérique : son heavy metal glacial et extraterrestre trouble. L’imagerie développée par le groupe est des plus inquiétantes puisqu’elle mélange divers symboles ésotériques et fantastiques le tout abordé de manière très intellectualisée.

Une fois cette première vague passée (deuxième moitié des 70ies), une nouvelle vague de heavy metal débarque d’Angleterre. On parle alors de new wave of British heavy metal (NWOBHM). Ses fers de lance sont Iron Maiden, Saxon, Tygers of Pan-Tang, Def Leppard, (même s’ils sont plus hard rock que metal) et une kyrielle d’autres groupes ayant pour la plupart sombré dans l’oubli depuis (Tank, Samson, Blitzkrieg, Diamond Head, Tokyo Blade…) Cette vague donne un souffle nouveau au genre et lui apporte de nouvelles influences (le punk notamment comme on peut l’entendre chez Tank ou Iron Maiden…).

De son côté l’Allemagne n’est pas en reste : après le succès de Scorpions, Accept montre les crocs et avec lui tout une vague teutonne qui restera dans les annales (en jouant du speed ou du thrash surtout).

L’Amérique joue aussi du metal, dans un genre souvent moins directement mélodique et plus « power » (Metal Church, Armored Saint, Savatage…) avec évidemment des exceptions (Manowar, Queensrÿche…).

Avec les années 90 et l’avènement du grunge et du « shoe-gazing », le heavy metal traditionnel perdra de sa popularité jusqu’au revival actuel, assez médiocre. Celui ci n’atteindra pas les sommets des années 80 (tant sur le plan créatif que sur celui du succès obtenu).

Le heavy metal en quelques disques
Accept – Breaker
Black Sabbath – Paranoïd
Blind Guardian – Nightfall in middle earth
Blue Öyster Cult – Tyranny & mutation
Iron Maiden – The number of the beast
Judas Priest – British steel
Manowar – Kings of metal
Mercyful Fate – Melissa
Metal Church – The dark
Queensrÿche – Operation mindcrime
Saxon – Wheels of steel
Scorpions – Blackout

Mon heavy metal en quelques disques

Accept – Metal heart
ADX – Suprématie
Black Sabbath – Heaven & hell
Iron Maiden – Powerslave
Judas Priest – Defenders of the faith
Loudness – Disillusion
Manowar – Sign of the hammer
Queensrÿche – Operation mindcrime
Sortilège – Larmes de héros
Saxon – Wheels of steel
Scorpions – Love at first sting

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *